Hérault. Mépris du préfet et laïcité bafouée.


L’audience était programmée le samedi 09 décembre à 11h00 à la préfecture de Montpellier. Il n’y avait pas plus beau symbole pour le collectif d’associations laïques et démocratiques qui souhaitait s’entretenir avec le préfet. L’objet de la rencontre concernait la loi de 1905, plus communément appelée « Loi de séparation des Églises et de l’État ». Les violations de cette loi,qui est le socle juridique de la laïcité, sont de plus en plus fréquentes dans le département de l’Hérault.

 

Les membres de ce collectif (UD-DDEN 34, FCPE 34, LDH 34, UD-FO 34, FERC-CGT 34,SE-UNSA 34, FNEC-FP-FO 34, le comité laïque de Vias ainsi que le groupe Victor Hugo, groupe de Libres Penseurs de l’Hérault) souhaitaient demander au préfet du département, représentant de l’ État, qu’il fasse respecter la loi de 1905 mainte fois violée par les élu(e)s de la République.

 

Il en fut tout autrement !

 

Le jeudi 07 décembre, la préfecture contacte le représentant du collectif pour l’informer du report de l’audience au lundi 11 décembre à 18h00. Chaque association prend note de la nouvelle date et se retrouve devant la préfecture afin de rencontrer Monsieur le Préfet de l’Hérault. À 18h05, un huissier introduit les membres de la délégation dans le bâtiment, les informant qu’ils seront reçus par le directeur de cabinet et non le préfet.

 

 

18h20 - C’est avec surprise et étonnement que les militants, restés à l’extérieur sous la pluie et le froid hivernal, voient apparaître leurs camarades. Le préfet était absent, le directeur de cabinet également. Le mépris des représentants de l’État, envers des citoyens laïques et républicains, qui demandent le respect de la laïcité et la stricte application de la loi de séparation des Églises et de l’État est acté. La laïcité semble le cadet des soucis de Monsieur le Préfet de l’Hérault. Faut il rappeler à cet énarque que l’article 2 de la loi du 09 décembre 1905 stipule : « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte »

 

Alors que les crèches de la nativité fleurissent dans le département et que leur illégalité est confirmée par le Conseil d’État (1), comme à Béziers par exemple.

 

Alors que les élu(e)s participent es-qualité à des offices religieux, portant écharpe de la République.

 

Alors que des subventions sur fonds publics sont attribuées à des associations confessionnelles (2), Monsieur le préfet snobe des citoyens demandant le respect de la loi. Il affiche son mépris de classe.

 

 

18h30 - le directeur de cabinet téléphone au représentant du collectif pour lui soumettre un nouveau rendez-vous à 19h00 alors que la majorité des membres des organisations ont quitté la place du marché aux fleurs de Montpellier. Dans un jargon populaire, nous appelons cela : « un foutage de gueule ».

 

Mercredi 13 décembre 2017 - 18h00

 

La délégation du collectif est enfin reçue pour l’audience programmée préalablement le samedi 09 décembre. Force est de constater l’absence renouvelée de Monsieur le préfet qui délègue son directeur de cabinet. A la lecture du compte-rendu de la délégation, il semble que ce fonctionnaire méconnaît l’histoire de la République qui, suite à de nombreux conflits avec l’église catholique au 19ème siècle, les parlementaires voteront la séparation des Églises et de l’État le 09 décembre 1905.

 

Concernant le non respect de la loi de 1905 par les élus de la République, à Montpellier, à Vias, à Béziers, à Beaucaire, etc …. La réponse du directeur de cabinet est sidérante :

 

 

« la loi du 09 décembre 1905 est une loi de " nuances " : elle assure la neutralité du service public et des agents du service public; les lois de décentralisation donnent davantage de pouvoirs aux communes; il y a les traditions locales qui permettent la participation des élus à des offices religieux . »

 

Depuis quand les traditions l’emportent sur la loi ?

 

Faut il rappeler à Monsieur le directeur de cabinet que la France est un État de droit et que toutes lois votées et décrétées se doivent d’être appliquées et respectées par les citoyens, élus ou pas, sur tout le territoire national.

 

La loi de 1905 est une loi de pacification, certainement pas de « nuances ».

 

Les élus violant la loi de 1905 n’ont d’autre objectif que la manipulation des religions dans un but électoraliste. Tout citoyen républicain et conscient connaît les méfaits du communautarisme. Violences, voire guerre civile. La religion catholique a d’ailleurs une excellente expérience dans ce domaine en 1500 ans d’existence.

 

Autre propos du directeur de cabinet qui rappelle :

 

« avec les lois de décentralisation les élus ont de nouveaux pouvoirs, et que certains partis s'intitulent parti démocrate chrétien; il faut veiller à la neutralité de l' État et du Service Public ».

 

 

Les lois de décentralisation définissent certes de nouvelles compétences aux collectivités territoriales mais ne remettent pas en cause la constitution de 1958. Doit on rappeler à Monsieur le directeur de cabinet du préfet de l’Hérault son article premier :

 

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion.

 

Nous pouvons compléter avec l’article 1er de la loi de 1905

 

La République assure la liberté de conscience.

 

Quant à la dénomination de certains partis, ou est le rapport avec le respect de la loi ?

 

Concernant les crèches de la nativité qui fleurissent dans le département, ainsi que dans toute la France, la tactique de l’église catholique est d’en multiplier le nombre pour ensuite leurrer les citoyens en invoquant la tradition. Il est certain que, les années passant, les préfets ne faisant pas respecter les lois de la République (malgré des décisions de justices qui les jugent illégales), la tradition sera bien installée. C’est le principe même d’une situation dans le temps qui perdure.

 

 

La crèche située dans le hall du conseil départemental de la Vendée, installée par son ancien Président Philippe De Villiers en est le parfait exemple. La manœuvre politique de l’église catholique pour redevenir « LA » religion d’État est aussi grosse qu’un prêtre en manque d’amour. Dieu ne lui apportant pas satisfaction sexuelle.

 

 

Les propos de fin d’audience, tenus par le directeur de cabinet sont dignes de Monseigneur Barbarin, archevêque de Lyon, ne dénonçant pas les prêtres pédophiles. C’est à dire du genre « Faux-cul-béni ». Il est vrai que le ministre de l’intérieur, supérieur de Monsieur le préfet est un grand copain du mitré de la capitale Des gaules et un fervent donateur de subventions publiques au diocèse de Lyon (3), en parfaite contradiction avec la loi de 1905 et son article 2.

 

Autre propos de Monsieur le Directeur de cabinet:

 

« la Préfecture a la volonté de faire respecter la loi de 1905 de façon " équilibrée "

 

 

Ce qui veut dire que l’application de la loi est différenciée en fonction des situations.

 

Il serait intéressant de voir son application dans le cas d’un maire, qui se revendiquerait de confession musulmane, et qui installerait une mosquée miniature dans sa mairie avec un petit haut-parleur diffusant l’appel à la prière pour fêter l’arrivée du prophète Mahomet sur terre. Soyons sérieux !

 

 

Depuis le 09 décembre 1905, la République était apaisée. La loi Debré de 1959 et toutes les lois anti-laïques votées depuis remettent sur le tapis la laïcité. Les « politicards » y ajoutant des adjectifs (ouverte, positive, etc ) .

La religion catholique n’a jamais accepté le principe de séparation des Églises et de l’État. Elle est de nouveau à la barre et revient sur le terrain politique.Son engagement contre "le mariage pour tous" fut exemplaire. Le Front National, ainsi que certains élus se disant « Républicains », de droite comme de gauche, jouent dangereusement avec la notion d’identité et de reconnaissance par sa religion. Tout cela finira par des affrontements, des violences voire la guerre civile. Seule l’application de la loi de 1905, dans son interprétation la plus stricte permettra à tous les citoyens de vivre pacifiquement dans notre République.

 

 

L’inaction du Préfet de l’Hérault le rend responsable des confrontations à venir.

 

Malgré le mépris affiché de Monsieur le Préfet, nous lui rappelons que les citoyens qui l’interpellent sont LA RÉPUBLIQUE. Cette même République n’est pas catholique, n’est pas protestante, n’est pas islamique, judaïque ni même athée. Elle est laïque et neutre.

 

A lui de faire appliquer les décisions de justice et les lois de la République, identiques pour tous.